O2 ou le repassage comme enjeu de civilisation
Le ménage, c’est généralement une corvée, c’est aussi un métier très ancien, mais est-ce une industrie ? Depuis plus de dix ans, les pouvoirs publics se grattent la tête et ouvrent leur porte-monnaie pour tenter de créer une vraie filière des services à la personne. Avec l’idée, soufflée par de brillants économistes, que cette addition de petits boulots finira bien par former une grande industrie pourvoyeuse d’emplois non délocalisables et accessibles aux non-diplômés. Michèle Debonneuil, auteure d’un ouvrage visionnaire sur le sujet (1), y voit la première pierre d’une nouvelle civilisation, celle du quaternaire, qui mêlerait production de biens et de services, seule issue à la coexistence pacifique et durable entre les économies occidentales et les nouvelles nations émergentes. C’est elle qui a conseillé le ministre Jean-Louis Borloo pour lancer en 2005 un ambitieux plan d’aide assorti de très généreuses aides fiscales et financières. Avec, évidemment, l’objectif de faire revenir dans le travail légal une bonne partie de ce qui se faisait au noir.
16/02/2011 - - 1600 visites - 160 commentaires
Mais on ne passe pas de l’artisanat, voire de l’autoproduction, à l’industrie en un claquement de doigts. Et comme tout nouveau secteur, celui-ci a suivi la courbe d’apprentissage : euphorie, bulle, déception et enfin croissance plus modérée mais durable. En lançant son plan, Jean-Louis Borloo parlait de 500.000 nouveaux emplois...